4. Le Mort
| Et j'ai suivis en moi, Dans mes entrailles la voix. Illusion profonde et teintée d'or. Et j'ai prié les morts, Qu'ils vident mon ichor, Pour qu'ils ouvrent à mes yeux le bois. Et j'ai vu l'autre qui n'est pas moi. Je me suis vu, n'étant pas l'autre. J'ai vu au fond ce qui était moi, Qui ravive mes patenôtres, Et en même temps l'effroi en moi. Que suis-je, ô clairvoyants apôtres ? Allongée sur le fond, En funèbre chiffon, Ma tête repose, triste reflet De mon être incomplet. Chante le roitelet, Que des esprits je suis vagabond. Et j'ai vu l'autre qui n'est pas moi. Je me suis vu, n'étant pas l'autre. J'ai vu au fond ce qui était moi, Qui ravive mes patenôtres, Et en même temps l'effroi en moi. Que suis-je, ô clairvoyants apôtres ? Et je fuis horrifié Ma mort personnifiée. Moi qui suis une ombre sans ombre. J'évite la pénombre, Ce vrai qui m'obombre. Je cours, dans le mensonge réfugié. Ludwig Vlad | | Le Non-mort, au cimetière,sur sa tombe, ouverte à ses yeux par ceux des morts, n'y voit que lui-même, son reflet parfait, son corps mort, sans-vie, un autre qui ne peut être lui, qui ne peut être, sans quoi lui, le Non-mort, ne serait rien. Voici la peur de tous, notre horreur de n'être que néant sans sens, mortelles créatures sans perspective, sinon le mensonge de croire en leurs desseins. Mirror poetry tomabw |
|---|
Texte écris pour le groupe la Nuit du Rêve.
Articles liés : Les Chroniques de l'Entre-Monde (textes)
Les Chroniques de l'Entre-Monde (univers)


Commentaires