J'ai causé la perte de tout un monde, mon monde et suis tout ce qu'il en reste. Désormais, je ne suis plus qu'un vagabond, errant dans le multivers.
Deuxième extrait :
— Non, Zylyx : je ne suis que l'ombre d'un roi. C'est lui que le peuple doit acclamer et moi qui fait en sorte qu'il le puisse. Mon rôle est de faire que ce pays survive en ce monde. Le sien est de donner quelqu'un en qui le pays peut croire.
— Personne ne peut vivre sans foi, sinon l'ange, serviteur de la divinité. Il semble que vous soyez l'ange et qu'il soit la déité.
— Oui, Zylyx, il en est peut-être ainsi.
Troisième extrait : Affalé dans un fauteuil, j'attendais, les yeux rivés sur une bougie qui éclairait la pièce. Sa flamme dansait doucement. Et, alors que je la contemplais, elle devint peu à peu l'affliction qui brûlait mon cœur et mortifiait mon âme. Ce feu grandissait en moi, laissant, en larmes, s'échapper la confiance que j'avais eu jusqu'alors en ma folie. Elle immolait, sur un bûché de morts, pantins sans fils et exsangues, mon honneur et ma gloire. Elle dressait dans mon dos las, mon âme affligée, en une ombre immense et terrifiante, qui me transperçait de ses cauchemars occultes et lançait sur mon cœur des regards de basilic. Alors il se desséchait de pleurs d'amour, qu'il n'avait pourtant jamais réussi vraiment à sublimer. Il avait été une pierre, une cendre de rocaille, qui s'effritait encore et retournait brusquement à la cendre.
Ludwig Vlad
Les vagabonds de l'Æther est un court roman, librement inspiré du jeu vidéo Sacrifice développé Shiny Entertainment.
L'action y est antérieur au scénario du jeu et narre comment le mage Eldred détruisit tout son monde et tout son peuple pour échapper au puissant démon Marduk.
Le texte tente néanmoins de dépasser le récit en s'intéressant aux idoles et aux dieux, à ces figures qui donnent une raison et un but.
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