Les Chroniques de l'Entre-Monde (série)

L'univers

L'Entre-Monde

Il semble invraisemblable que le Royaume des Morts soit un point de notre espace ; un point que mécaniquement, nous pourrions atteindre.
Où le chercher alors sinon mieux qu'ici  : sur notre Terre, où plutôt ... derrière elle ?!

Car c'est là, où vous vivez, que vivent aussi les morts à leur manière ! Ils vivent derrière nous, dans leur monde superposé au notre, sur une Terre autre que celle que vous connaissez, mais une Terre qui est ici au même endroit que la votre et qui, en même temps, n'y est pas !

En effet, dans ce cas la distance est forcée, sinon il n'y aurait ni mort, ni vivant : seulement des êtres morts-vivants dans un monde unique. Cette distance n'est alors pas de nos dimensions, de nos repères mathématiques et posés ; mais d'une autre, inconnue, inconcevable encore.

L'Entre-Monde, qu'est-il sinon, de cette distance, le milieu, le rien entre le vivant et le mort ? C'est ce qu'il est : le mi-chemin, le point infini entre le matériel et le spectral, entre ce qui est et ce qui fut.
Ludwig Vlad

Void
Lumix-87


     
Le Non-mort

Le Non-mort est le nom donné au personnage des Chroniques de l'Entre-Monde, un homme tué, qui se retrouve coincé à l'Entre-Monde.
Cet homme n'est ni mort, ni vivant, ce qui lui permet d'agir dans les deux mondes sans appartenir à aucun d'eux. Il est l'étranger de tout lieu, mais le lien entre les vivants et les morts.
Ludwig Vlad
                                                        
  

O.X.Y

Volodina-Yulia






I. L'Entre-Monde

  

Le sang susurre à mes sens

Sur le sol déversé

Ce sol embrassé

Par, suintantes, mes substances

Que la mort arrive.

Charon s'avance

Sur sa barque, de l'autre rive.

 

Pleine et vide est ma tombe.

De moi-même je suis l'ombre.

Coincé à l'entre-monde,

Où viennent les hécatombes,

Ombre parmi les ombres

Venant de l'autre monde.

 

Et, je flotte dans le néant.

Je m'éloigne, sans bouger !

Je m'éloigne en mourant.

Sans atteindre le terme.

Je demeure et j'attends,

A mi-chemin du vrai,

Je subsiste un instant.

 

Pleine et vide est ma tombe.

De moi-même je suis l'ombre.

Coincé à l'entre-monde,

Où viennent les hécatombes,

Ombre parmi les ombres

Venant de l'autre monde.

 

Partout autour de moi,

Les êtres de chacun

Dans les deux mondes je vois.

D'eux je ne suis d'aucun.

Dans les deux mondes je sens.

Et comprenant en vain

Que je suis différent.


Ludwig Vlad
           
 
En premier chapitre des Chroniques de l'Entre-Monde,
ce texte narre le meurtre d'un homme qui,
en âme, s'envole vers des cieux qu'il n'atteindra jamais :
il restera à mi-chemin, entre la vie et mort, coincé.



x10 Hell
halonacc


II. Le Non-mort

  

Et Je parle encore

Et avec les morts

De l'or, des trésors

Des orbes du ciel.

J'agis comme eux,

En être cireux

Et cadavéreux.

Ai-je encore du miel ?

 

Je parle aux morts,

Comme aux vivants.

Je vie en mort,

Comme en vivant.

Je suis non-mort,

Comme non-vivant,

Toujours, encore

Et m'égarant.

 

Et je vois encore

Toujours comme les morts,

L'or et les trésors,

Du monde matériel.

Je suis parmi eux :

Les vivants anxieux,

Toujours en leurs lieux.

Suis-je encore pareil ?

 

Je parle aux morts,

Comme aux vivants.

Je vie en mort,

Comme en vivant.

Je suis non-mort,

Comme non-vivant,

Toujours, encore

Et m'égarant.

 

Encore même la mort

Est contre moi. Or,

En face de mon corps,

Elle n'a que du fiel.

Contre elle belliqueux

Je ne suis. Peureux

Je reste silencieux.

Ne suis-je véniel ?


Ludwig Vlad

            
Ce texte, deuxième chapitre
des Chroniques de l'Entre-Monde,
présente le Non-mort dans

sa nouvelle forme, ni vivante, ni morte.
Il prend conscience de ce qu'il est désormais,
de sa place au milieu des mondes, par laquelle
il vit à moitié dans chacun d'eux.
Et, il voit cette mort qui ne l'a pas pris, la faucheuse
qui le poursuit.

   

fantOmaties-3
Sethlem


III. Rückkehr

   Texte

Ich kehre wieder und hier ist niemand.
Früher waren wir hier zwei. Wo ist sie?
Ich warte noch auf des Schlüssels Lied.
Mein Haus ist leer und ich bin einsam.

Und mein Herz ist so kalt seit ich gestorben bin.
Ich will deinen Kuss, um es zu erwärmen.
Ich will nur einen Kuss, um nicht zu vergessen.
Und sie schreit, dass ich nicht mehr bin, dass ich tot bin.

Sie weicht immer aus meinen Armen.
Und sie kreischt noch, dass ich nun im Grab bin
Und dass sie mich in der Leichenhalle
Gesehen hat, dass ich ein Phantom bin.

Und mein Herz ist so kalt seit ich gestorben bin.
Ich will deinen Kuss, um es aufzuwärmen.
Ich will nur einen Kuss, um nicht zu vergessen.
Und sie schreit, dass ich nicht mehr bin, dass ich tot bin.

Seither fühle ich nichts mehr.
Seither liebe ich nichts mehr.
Seither erinnere ich

Mich nur an Angst, meine Angst.


Ludwig Vlad
  
Dans ce troisième
chapitre, le Non-mort
rentre chez lui où il
espère retrouver les
lèvres chaudes de
l'amour de sa
compagne.

Mais sa mort en a
décidé autrement...


Iris short movie vfx
FatPepino
    

Traduction


Je reviens et ici il n'y a personne.

Auparavant nous étions deux ici. Où est-elle ?

J'attends encore le chant des clefs.

Ma maison est vide et je suis seul.

 

Et mon cœur est si froid depuis que suis mort.

Je veux ton baiser pour le réchauffer.

Je veux seulement un baiser pour ne pas oublier.

Et elle cri que je ne suis plus, que je suis mort.

 

Elle fuit toujours mes bras.

Et elle hurle encore que je suis maintenant au tombeau

Et que moi à la morgue elle

a vu, que je suis un fantôme.

 

Et mon cœur est si froid depuis que suis mort.

Je veux ton baiser pour le réchauffer.

Je veux seulement un baiser pour ne pas oublier.

Et elle cri que je ne suis plus, que je suis mort.

 

Depuis je ne ressens plus rien.

Depuis je n'aime plus rien.

Depuis je me souviens

Seulement de la peur, ma peur.


Ludwig Vlad


IV. Le mort

    

Et j'ai suivis en moi,

Dans mes entrailles la voix.

Illusion profonde et teintée d'or.

Et j'ai prié les morts,

Qu'ils vident mon ichor,

Pour qu'ils ouvrent à mes yeux le bois.

 

Et j'ai vu l'autre qui n'est pas moi.

Je me suis vu, n'étant pas l'autre.

J'ai vu au fond ce qui était moi,

Qui ravive mes patenôtres,

Et en même temps l'effroi en moi.

Que suis-je, ô clairvoyants apôtres ?

 

Allongée sur le fond,

En funèbre chiffon,

Ma tête repose, triste reflet

De mon être incomplet.

Chante le roitelet,

Que des esprits je suis vagabond.

 

Et j'ai vu l'autre qui n'est pas moi.

Je me suis vu, n'étant pas l'autre.

J'ai vu au fond ce qui était moi,

Qui ravive mes patenôtres,

Et en même temps l'effroi en moi.

Que suis-je, ô clairvoyants apôtres ?

 

Et je fuis horrifié

Ma mort personnifiée.

Moi qui suis une ombre sans ombre.

J'évite la pénombre,

Ce vrai qui m'obombre.

Je cours, dans le mensonge réfugié.



Ludwig Vlad


 
 
Le Non-mort, au cimetière,sur sa tombe,
ouverte à ses
yeux par ceux des morts,
n'y
voit que lui-même, son reflet parfait,
son corps
mort, sans-vie, un autre qui ne
peut être lui, qui ne peut être, sans quoi
lui, le Non-mort, ne
serait rien.
Voici la peur de tous, notre horreur de n'être
que néant sans sens,
mortelles créatures
sans
perspective, sinon le mensonge de
croire en leurs desseins.




Mirror poetry
tomabw


Article ajouté le 2008-08-23 , consulté 151 fois

Commentaires


La nuit du r&e...
site/blog
le 26/08/2008 à 23:39:06
Merci encore pour tes chanson, je les trouve vraiment très poétique et je t'enverrai la musik dés que nous l'aurai enregistrer
Benj
site/blog
le 27/08/2008 à 09:19:11
Merci !

Pensez à la mettre sur Deezer, que je puisse la mettre à la suite des texte.

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